Solidaires 37

L’article de "L’Humanité" du 27 mai 2013.

mardi 28 mai 2013 par Solidaires37

C’est un scandale !
Un syndicaliste poursuivi pour un « gugusse » de trop.

À Tours, le secrétaire départemental SUD PTT a été mis en examen pour un article incisif contre la direction.

Le 16 mai, à l’Assemblée nationale, les socialistes renvoyaient aux calendes grecques la proposition de loi du Front de gauche visant à amnistier les syndicalistes condamnés sous l’ère Sarkozy. Un terrible message de fermeté envoyé aux militants en tout genre. Et, comme pour illustrer cet avertissement, le même jour, à Tours, le secrétaire départemental SUD PTT d’Indre-et-Loire, Pascal Routy, était convoqué par le juge d’instruction puis mis en examen pour injure publique envers un particulier, en l’occurrence le directeur régional de la branche courrier de La Poste.

L’affaire remonte à 2011, et ne cesse de prendre de l’ampleur dans un contexte de dialogue social de plus en plus tendu de la part d’une poste en permanente restructuration. Cet été-là, le syndicat SUD PTT 37 publie, dans sa publication mensuelle, Sudversif, un article déplorant la sanction prise contre un facteur du bureau principal de Tours. Après une énième réorganisation des tournées, ce postier, militant à SUD, s’était retrouvé en surcharge de travail et avait fini par refuser de nouvelles heures supplémentaires pour écouler le courrier. Son cas ayant atterri en conseil de discipline, la direction locale voulait lui infliger six mois de suspension de traitement, dont deux fermes. Malgré deux jours de grève des collègues et une pétition, le directeur régional, M. Jean-Jacques Tibi, avait porté la sanction à trois mois fermes, sans salaire.

L’article de Sudversif évoque un «  pays de bouffons  », un «  gugusse qui tient lieu de directeur  » et commet des «  saloperies  ». Le ton incisif est le même que dans les numéros précédents, mais cette fois, le directeur porte plainte, et la justice suit. En quelques mois, Pascal Routy est entendu plusieurs fois par la police, les locaux du syndicat sont perquisitionnés et sept autres militants sont convoqués. Jusqu’à cette mise en examen qui devrait déboucher rapidement sur une audience. «  Dans le département, une perquisition dans des locaux syndicaux, c’est du jamais-vu depuis l’après-guerre  », souligne le syndicaliste, qui se félicite toutefois d’un premier revers essuyé par La Poste. En février, le tribunal administratif l’a condamnée à verser 2 900 euros d’indemnisation au facteur qui avait été privé de salaire, en jugeant la sanction «  disproportionnée  ».

Dans un rapport du Comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT) sur les risques psychosociaux dans ce bureau de poste, le cabinet Ergos confirme une augmentation de la charge de travail et des pratiques managériales très dures, avec 28 % du personnel ayant déjà fait l’objet d’une sanction, jugée injustifiée dans 91 % des cas. Il souligne «  un ressenti important de violence subie à travers les mots employés par l’encadrement  » et un «  non-respect des fondamentaux des relations sociales (politesse)  ».


Fanny Doumayrou


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