Solidaires 37

Inédit en 53 ans, le personnel des cinémas Studio en grève !

vendredi 20 mai 2016 par Solidaires37

L’association des cinémas Studio va connaître son premier mouvement de grève en 53 ans d’existence.

La section Sud Culture et les salariés des Studio ont décidé d’appeler à un débrayage ce samedi 21 mai face au mutisme de la direction et à la situation qui ne cesse de se dégrader depuis 2009.

Nos salaires stagnent et la précarité ne cesse de se développer, nous pensons que d’autres choix sont possibles et que les salarié-es ne sont pas l’unique variable d’ajustement.

Après le décès de notre collègue non remplacé, nous aurions imaginé une autre réponse de la part des Studio lors des dernières négociations salariales.

En 53 ans, mis à part l’évolution de la grille salariale de la convention collective, les cinémas Studio n’ont consenti qu’une seule fois à augmenter nos salaires en 2012.

Un autre élément d’incompréhension est la situation de précarité de notre collègue qui travaille à temps partiel alors que l’on fait de plus en plus appel aux intérimaires, ou aux bénévoles soit pour effectuer des remplacements soit pour couvrir des besoins criants.

La loi "Travail" n’augure rien de bon dans ce climat où notre direction a comme principe la recherche perpétuelle de la réduction de la "masse salariale".

Les cinémas Studio ont toujours défendu l’accès à un cinéma de qualité pour le plus grand nombre mais la dégradation de nos conditions de travail et le manque de reconnaissance des salarié-es n’aident pas à remplir cet objectif.


Sud Culture des Cinémas Studio

Ci-dessous l’article et la photo de "La Nouvelle République" du 23 mai 2016 :

Malaise social à l’affiche des Studio

Toutes les séances de 19 h ont été annulées samedi soir en raison du débrayage du personnel.

Samedi soir, les salariés du cinéma d’art et essai de Tours se sont mis en grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Une première.

Les Studio ont vécu samedi soir une scène inédite et un scénario historique. Pour la première fois depuis sa création en 1963, le cinéma d’art et essai de Tours – le premier en France par sa fréquentation (25.000 abonnés) – a connu un mouvement de grève de son personnel. A l’appel du syndicat Sud Culture, une grande partie des dix-sept salariés du complexe de sept salles a cessé le travail durant une heure, entraînant l’annulation de toutes les séances de projection programmées entre 19 h et 19 h 30. Tandis que les spectateurs étaient refoulés à l’entrée, grévistes et administrateurs distribuaient des tracts pour expliquer les raisons d’un conflit qui couvait depuis plusieurs semaines.

" Équilibre fragile "

Selon Sud, les employés des Studio, « ultimes passeurs de l’œuvre cinématographique vers le spectateur, ne sont pas considérés à leur juste valeur ». Malgré une « ultra-polyvalence », les salaires stagnent. Deux postes ont été supprimés en 2009. Le recours aux intérimaires se multiplie. La précarité gagne du terrain. « Nos conditions de travail ne cessent de se dégrader et cela nuit au bon fonctionnement de notre cinéma », insiste le délégué Tarik Roukba en dénonçant par ailleurs le « mutisme » de la direction.

De son côté, celle-ci parle d’un « coup de poignard dans le dos ». Le président de l’association gérante du cinéma – Pierre-Alexandre Moreau – exprime une forme d’incompréhension en rappelant l’engagement social et culturel des Studio depuis plus de cinquante ans. « Aujourd’hui, nos salariés sont payés en moyenne 30 % au-dessus de la convention collective. Tous nos bénéfices sont reversés au personnel ou à la structure. Et il n’y a pas eu de licenciement après la numérisation des salles », insiste-t-il en évoquant une situation financière tendue et un « équilibre fragile entre la justice sociale que nous revendiquons et la réalité économique que nous subissons ».

En 2015, les Studio ont ainsi bouclé leur budget avec déficit de 10.000 € . « Oui, mais les recettes sont en hausse de 10 % depuis le début de l’année », rétorquent les salariés qui réclameraient une augmentation de 100 € par mois.

Pascal Denis


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